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Usine marémotrice de la Rance - Barrage de la Rance



Barrage et usine marémotrice de la Rance  ( Bretagne )
 
La construction :
  • 1921 Georges Boisnier imagine la construction d’une usine marémotrice dans l’estuaire de la Rance.
  • 1943 des études pour cet aménagement sont entreprises, sans suite.
  • Janvier 1961 début des travaux de construction du barrage.
  • Novembre 1962 mise en service de l’écluse.
  • Mars 1963 mise en service du barrage mobile.
  • Octobre 1963 achèvement de l’enceinte de 40 ha qui va permettre la construction de l’usine et début du pompage pour sa mise hors d’eau.
  • Février 1964 achèvement du pompage, 6 pompes débitant 1 000 m3/h et 21 de 500 m3/h ont évacué 1 000 000 de m3.
  • Août 1966 les premiers kWh sont fournis sur le réseau.
  • 26 novembre 1966 le général de Gaulle, Président de la République, inaugure l’ouvrage.
  • Décembre 1967 le 24e groupe est mis en service.
 
Rance_avri64.jpg
avril 1964 - Entre écluse et barrage mobile, "l'île creuse" où les terrassements pour la construction de l'usine
sont en cours, le sol rocheux (granit) offre une bonne assise. Sur la droite, on distingue le noyau étanche
en béton de la future digue en enrochements
     photo : Brigaud pour CONTACTS

Rance_mai64.jpg
mai 1964 - La construction des deux batardeaux a été réalisée avec des gabions en béton
et palplanches métalliques, remplis de sable        
photo : Domenech pour CONTACTS

Rance_avr66.jpg
avril 1966 - Usine et digue sont terminées, la déconstruction du batardeau, côté bassin, est commencée
photo : Michel Brigaud pour CONTACTS

Rance_sept66.jpg
septembre 1966 - A l'extérieur la déconstruction des deux batardeaux se poursuit, pendant qu'à l'intérieur le
premier groupe tourne, les suivants seront mis en service à une cadence proche de 2 chaque mois.
photo : CONTACTS

inauguration.jpg
26 novembre 1966 - Inauguration par le Président de la République
photo : Michel Brigaud pour CONTACTS

Les caractéristiques :
  •  Le barrage : 6 pertuis équipés de vannes wagon de 10 m (hauteur) par 15 m (largeur)
  • Le bassin : 184 hm3 sur 22 km2
  • La centrale est située sous la chaussée, une salle des machines longue de 390 m abrite 24 groupes bulbes de 10 000 kW de puissance unitaire.
 Entre le barrage mobile et la centrale s’insère une digue en enrochement avec noyau étanche de 163 m de longueur.
 La grande originalité de cette usine découle des groupes bulbes spécialement conçus pour fonctionner en turbine ou en pompe et cela dans les deux sens d’écoulement de l’eau. Cette performance est obtenue avec une turbine Kaplan dont les 4 pales peuvent prendre toutes les positions avec une rotation proche de 360°.
 Le groupe turbo-alternateur de type bulbe, conçu dans les années 1950, tourne déjà  dans des centrales de rivière depuis 1957.
En 1959, il est installé, à titre expérimental, dans une ancienne écluse du port de Saint-Malo, donc à proximité du futur barrage de la Rance. Son comportement en eau de mer et ses aptitudes en turbinage et en pompage, dans les deux sens, seront mis au point dans cette installation.

 
plan_Rance.jpg
Usine marémotrice de la Rance
doc. EDF

barrage_Rance.jpg
14 août 2004 - Le barrage mobile, côté mer
image de Dani7C3  pour Wikipedia, utilisation sous Créative Commons License

Usine_Rance.jpg
La salle des machines, au premier plan : la travée atelier

bulbe1.jpg
Groupe bulbe en cours de montage, l'ouvrier est positionné au niveau du palier principal,
entre turbine et alternateur


bulbe2.jpg
Un groupe-bulbe, côté bassin, les pales de la turbine sont visibles derrière le distributeur.
Au dessus du bulbe :
le puits d'accés

barrage_Rance2.jpg
Vue d'ensemble de l'aménagement, au premier plan le poste 225 kV.
Le pont-levant de l'écluse est relevé : files d'attente des voitures sur le barrage et sur la RD 168



Le fonctionnement :
A sa mise en service, en 1966, c’était la première usine marémotrice mondiale de taille industrielle.
Après plus de 40 années de fonctionnement, l’usine de la Rance reste toujours unique. Quelques pays, où se manifestent des marées de grande amplitude, ont tenté l’expérience mais aucune n’a atteint l’échelle industrielle.
Pourtant la centrale marémotrice de la Rance est une réussite. C’est une installation fiable.
Avec une productibilité de 544 GWh par an elle participe à hauteur de 3,5% à l’alimentation électrique de la Bretagne, région fortement importatrice. L’électricité produite offre un prix de revient du kWh qui se situe parmi les plus bas.
La principale raison qui a bloqué le développement de cette filière de production réside dans le coût de sa réalisation : 617 millions de francs en 1966, en monnaie constante cela correspond, en 2009, à 740 millions d’euros.
Il faut quand même souligner que le barrage de la Rance a une deuxième fonction, c’est un pont, long de 750 m, qui relie les deux rives de la Rance, un pont dont la construction se serait imposée tôt ou tard.
Le deuxième aspect « négatif » est celui de l’impact du barrage sur le milieu. L’estuaire de la Rance a été bouleversé par le barrage et l’usine marémotrice, c’est indéniable, mais les conséquences négatives sont assez bien compensées par les apports positifs.
Le principal inconvénient est celui de l’entrave à la libre navigation à laquelle s’ajoute une perturbation dans les horaires de marées en amont du barrage. En effet ce ne sont plus les horaires du cycle naturel qui accompagnent flux et reflux mais des horaires dictés par l’exploitation optimum de la centrale de production électrique.
Le programme d’ordinateur qui pilote le fonctionnement de la centrale, intègre de nombreux critères, les principaux sont :
  • horaires et amplitude des marées
  • opportunité de fournir une énergie à haute valeur ajoutée (à la pointe) ou, à l’inverse de fonctionner en pompage pour augmenter le remplissage en prévision du prochain turbinage
  • disponibilité de l’appareil de production
Cela se traduit par un fonctionnement complexe que l’on peut résumer en sessions de :
a) en marée montante (flux) :
  • remplissage du bassin de la Rance par ouverture des vannes du barrage, ce remplissage peut se compléter avec une séquence de pompage en fin de cycle
  • remplissage avec turbinage inversé, celui-ci peut également être suivi d’une séquence de pompage
b) en marée descendante (reflux) :
  • turbinage
  • éventuellement pompage inversé pour augmenter le vidage du bassin, dans ce cas le turbinage bénéficiera d’une hauteur de chute plus importante en début de remplissage
Les sessions de pompage sont très dépendantes de la disponibilité de fourniture sur le réseau THT de la Bretagne, une disponibilité souvent insuffisante.
La hauteur de chute maximum est de 11 m, le minimum est de 3 m, dans cette fourchette de variation la puissance fournie par un groupe varie de 10 MW à 3 MW dans le sens d’écoulement du bassin vers la mer (reflux), elle varie de 10 MW à 2 MW dans le sens mer vers le bassin (flux).
 
pour mémoire : le phénomène de marée se produit deux fois par jour, soit un flux (marée montante) et un reflux (marée descendante) sur une durée de 12 h 30 environ.
 

barrage_Rance3.jpg
L'estuaire de la Rance, à gauche : Dinard.
Au barrage, 4 vannes sont ouvertes pour achever le remplissage
du bassin

 

Date de création : 14/07/2009 . 11:38
Dernière modification : 01/12/2011 . 21:19
Catégorie : Usine marémotrice de la Rance
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Réactions à cet article


Réaction n°2 

par zyvus le 07/10/2014 . 15:18

Deux types d’énergies renouvelables et prédictibles me paraissent parfaitement complémentaires. Il s’agit des fermes hydroliennes et des usines marémotrices. En effet, sur un même site, les hydroliennes sont à leur maximum de production quand les groupes marémoteurs sont à l’arrêt et réciproquement. Il serait par exemple avantageux d’installer une ferme hydrolienne d’environ 240 MW au large de St Malo, là où les courants sont forts et de la relier à la ligne 225 000 V qui dessert l’usine marémotrice de la Rance, usine qui développe la même puissance. Ceci permettrait de lisser quelque peu l’énergie électrique véhiculée sur cette ligne THT.
Bien entendu, on continuera d’exploiter le potentiel de la Rance prioritairement aux heures de pointe de la consommation, alors que l’énergie hydrolienne est à prendre au fil des courants marins, donc sans report possible vers les pointes de consommation électrique.
Ceci est-il envisagé?

Réaction n°1 

par Annette le 04/06/2010 . 13:37

Pourquoi n'existe-t-il pas d'annuaire des "marées de la rance" en l'occurance ce sont les horaire de Saint-Jouan des gueret qui m'interesse!

Merci de prendre ma demande en considération.



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