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Considérations sur l'énergie - Emissions de gaz à effet de serre

Considérations sur l'énergie
     - En application du protocole de Kyoto, pour la réduction de l’émission des gaz à effet de serre (GES), l’Union européenne s’est fixée les objectifs suivants : de 1997 à 2020, la production d’électricité d’origine renouvelable (ENR) doit passer de 13,9 à 22% de la production totale d’électricité. Pour sa part la France doit passer de 15 à 21%.  
     
     - Dans le cadre de ces directives communautaires et pour être dans l’air du temps (dans la vent !!), la France se lance, après l’Allemagne, le Danemark et l’Espagne, dans un vaste programme d’équipement en centrales d’éoliennes, on emploie également le terme de ferme d’éoliennes, cela donne une couche supplémentaire de vert !  
     - Arguments avancés par ses partisans : l’énergie électrique produite par ces machines ne dégage pas de gaz à effet de serre (GES), c’est vrai ; elle permet d’économiser les énergies fossiles, c’est un peu court comme argument et il faut analyser le fonctionnement de l’éolien.
En effet la force du vent, y compris dans les zones les plus favorables, varie en permanence, de même sa direction n’est pas constante, en conséquence l'énergie produite par les centrales d’éoliennes est intermittente et aléatoire.
 
     - S’il ne s’agissait que de quelques dizaines de MW (1 MW=1000 kW), le réseau d’interconnexion peut amortir cette variation dans la production. Mais il est question d’installer 10 000 MW (le chiffre de 25 000 MW est maintenant avancé !!!) d’éolien sur le territoire métropolitain (soit l’équivalent du 1/6e du parc électronucléaire français). Compte tenu du caractère intermittent de cette énergie, il faudra avoir une disponibilité du même ordre de grandeur à partir de centrales capables d’assurer le relais avec un temps de réponse de quelques minutes.  
 

   - On a vu plus haut que l’énergie stockée dans les barrages hydroélectriques est déjà réservée. Les centrales nucléaires (qui ne dégagent pas de GES) sont capables de moduler leur production, mais elles ne peuvent le faire instantanément et surtout il n’est pas possible d’alterner sessions de marche et d’arrêt à tout bout de champ.
En quelques minutes, une centrale hydroélectrique peut atteindre sa puissance maximale, alors qu’il faut une dizaine d’heures pour une centrale thermique classique et une quarantaine avec un réacteur nucléaire pour le monter à sa pleine puissance.

 
     - Quels moyens seront choisis pour compenser les fluctuations de puissance d’un important parc éolien ? Probablement un mix entre les centrales thermiques à flamme (gaz et charbon), les turbines à gaz et l’hydraulique. Malgré les progrès technologiques en cours et à venir, les moyens de production à partir des énergies fossiles ne sont pas avares en dégagement de GES.  
     - En analysant les résultats obtenus en Allemagne ( plus de 20 000 MW d’éolien installés) ou par le Danemark, on constate que la production annuelle d’un grand parc de centrales éoliennes est équivalent à la production de la puissance installée fonctionnant pendant 2 000 heures(c'est un maximum), pour mémoire : une année compte 8760 heures. Sur ces bases, on peut évaluer une production annuelle du futur parc éolien français de 15  à 20 TWh (1 TWh=1 milliard de kWh), ce n’est pas négligeable mais cela ne représente que 3 à 4% de la production du parc électronucléaire et 1% de l’énergie primaire consommée par la France et surtout cela conduira à produire en compensation de l’intermittence éolienne environ trois fois cette production, soit 45 à 60 TWh, en grande majorité à partir d’énergies fossiles, avec dégagement de GES.  
    - On peut donc affirmer que l’installation, en France, d’un important parc éolien génèrera une production supplémentaire d’électricité d’origine renouvelable, mais entraînera une augmentation de la consommation d’énergies fossiles et du dégagement de GES. Est-ce vraiment la bonne solution ?  
    - La situation est différente dans des pays comme l’Allemagne ou le Danemark, le bénéfice est réel car l’électricité est massivement produite dans des centrales thermiques, à condition de conserver ces centrales, ce qui est effectivement le cas.  
  La production d’électricité par l’éolien a le vent en poupe depuis quelques années, avec un taux de progression à deux chiffres ses défenseurs se sentent pousser des ailes. Pour autant la consommation d’énergies fossiles n’a pas baissé pour les pays les plus avancés dans cette technologie et l’on entrevoit déjà un taux de développement qui va régresser.  
    - Nous n’évoquons pas les nuisances de l’éolien que certains mettent en avant, leur appréciation n’est pas toujours objective. Il est quand même nécessaire de mentionner que 10 000 MW de puissance installée en éolien cela représente 4 000 turbines de 2,5 MW occupant environ 1 000 km2. Ces chiffres sont à comparer avec 6 tranches nucléaires de 1500 MW occupant 6 km2 et produisant 50 TWh.  
     
    - Faut-il en conclure que seul le nucléaire est capable de compenser le déclin des énergies fossiles, oui dans le contexte actuel, mais en partie seulement car l’électricité ne pourra pas remplacer ces énergies dans toutes leurs utilisations.  
     
    - Entre la décision de construire une centrale électronucléaire et sa mise en service, il s’écoule de nombreuses années, or si il y a urgence à réduire notre dégagement de GES il faut mettre en œuvre rapidement notre baisse de consommation d’énergie primaire, c’est-à-dire les économies d’énergie. Cela concerne évidemment, en premier lieu, tous les pays industrialisés.  
    - Les énergies renouvelables sont-elles une utopie ? En dehors de l’hydroélectricité, les autres sources renouvelables pour la production d’électricité sont pour le moment dans l’épaisseur du trait et condamnées à y rester pour certaines d’entre elles.  
    - Faut-il continuer les recherches sur les énergies renouvelables, oui bien sûr, en particulier sur le solaire, la biomasse, mais ces sources resteront marginales.  
     
    - Alors ITER et la fusion nucléaire ? Peut-être, mais en supposant que ça marche le développement industriel est encore loin, plusieurs décennies.  
    - L'électronucléaire à fission nucléaire, celui de nos centrales, consomme de l’uranium qui n’est pas inépuisable. Oui mais nous avons une technologie qui le rend inépuisable c’est celle du surgénérateur que nous avons abandonnée (espérons le provisoirement) pour des raisons politiques. Certes le prototype Super-Phoenix n’était pas sans défauts, mais son abandon nous a probablement fait perdre plusieurs décennies dans la mise au point de cette technologie.  
     
    - Partant du constat que les réserves d’énergies fossiles sont limitées, même si on ne connaît pas ces limites avec précision, il est nécessaire de prendre, dans les années qui viennent, des dispositions afin de repousser aussi loin que possible ces limites. Cela implique de réserver la consommation de ces ressources aux utilisations pour lesquelles elles sont indispensables, ce qui n’élude pas les économies à mettre en œuvre.  
    - Nous pensons plus particulièrement aux pays émergents dépourvus de ressources hydrauliques, pour lesquels, à part l’énergie solaire dans les utilisations domestiques, les énergies fossiles resteront pour longtemps leurs principales ressources.  
     
    - Dans l’immédiat et en parallèle avec une réduction de consommation (à minima un arrêt de la progression), les pays industrialisés n’ont pas d’autre choix que la construction de centrales électronucléaires, ce qui permettra la substitution de techniques consommant des énergies fossiles par des techniques consommant de l’électricité, à partir de technologies existantes ou à rechercher.  



Date de création : 01/08/2008 . 22:53
Dernière modification : 20/11/2011 . 18:29
Catégorie : Considérations sur l'énergie
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